Jusqu’au 9 mars, le musée Guimet propose une exposition dédiée à l’art du manga. Celle-ci se compose en trois parties. Une partie qui tente d’abord de revenir aux origines de sa création, à ce qui a pu inspirer le manga tel qu’on le connait aujourd’hui. La deuxième partie revient sur le manga moderne ainsi que toutes ses références et nous montre son évolution ainsi que son impact dans la culture. Quant à la troisième partie, elle est consacrée à la célèbre vague d’Hokusai. Véritable emblème du Japon, le musée vise à nous montrer l’influence qu’aura eu cette œuvre iconique dans l’art japonais mais aussi chez les artistes du monde entier. Que représente La Grande Vague d’Hokusai ?

Vent frais par matin clair, Hokusai, 1832
Pour comprendre La Grande Vague d’Hokusai, il faut d’abord s’intéresser à son artiste. Katsushika Hokusai est un dessinateur, graveur, peintre et sculpteur japonais de l’époque Edo (1603-1868). Il nait en 1760 et décède à l’âge de 88 ans en 1849. Il aura été un artiste hyper prolifique. En 70 ans de carrière, il a grandement participé au rayonnement de l’art japonais à l’étranger. Il était d’ailleurs une très grande inspiration pour des artistes français comme Claude Monet, Alfred Sisley ou encore Vincent Van Gogh. Il aura grandement influencé le mouvement impressionniste. Passionné de dessin déjà dans l’enfance, il commence par se former dans un atelier de xylographie pour ensuite intégrer un atelier d’estampe.
Hokusai est connu comme étant une référence de l’Ukiyo-e. Ce courant artistique japonais est un mouvement plus populaire dans le sens où il n’est pas réservé qu’à la noblesse. L’Ukiyo-e signifie « images du monde flottant« . C’est un art facilement accessible au peuple et qui a su très bien s’exporter en Europe. On retrouve dans ces estampes des courtisanes, des nus, des paysages, des sumos, des contes ou tout simplement des épisodes de la vie quotidienne… Tous ces sujets fascinent particulièrement l’étranger, fait rêver et gagne grandement en popularité.

Une page tirée d’un manga d’Hokusai, début XIX°
Au cours de sa carrière, Katsushika Hokusai aura utilisé pas moins de trente pseudonymes mais aujourd’hui, le monde entier le connait simplement sous le nom de Hokusai. L’artiste publiera de nombreux recueils dont les fameux « Hokusai Manga » en 1814. Dans ces recueils composés de 15 volumes, on retrouve de nombreux dessins représentant la nature, des corps en mouvement, des expressions du visage mais aussi quelque chose de beaucoup plus fantastiques comme des yokais, ces fantomes tout droit sortis du folklore japonais.
Comme leur nom l’indique, les « Hokusai Manga » sont considérés comme les ancêtres de la bande dessinée japonaise moderne bien que différents. Les « Hokusai Manga » n’étaient pas narratifs, il n’y avait pas forcément de suivi, pas d’histoire, pas de bulles de texte. Ils étaient surtout utilisés comme outil pour apprendre le dessin et être copiés. Ces manga ont en tout cas grandement participé à la diffusion de l’art japonais notamment en inspirant les peintres impressionnistes. Ils sont aussi très précieux aujourd’hui puisqu’ils sont les témoins de la vie au Japon sous l’époque Edo (1603-1868).

Sous la vague au large de Kanagawa, Hokusai Katsushika, 1830-1831
Sous la vague au large de Kanagawa plus connue sous le nom de La Grande Vague ou plus simplement de La Vague d’Hokusai est sans doute l’oeuvre la plus emblématique de l’artiste. Cette estampe est d’ailleurs aujourd’hui un véritable emblème du Japon. Cette vague a été une réelle obsession pour lui puisqu’il y a consacré toute une série. Sous la vague au large de Kanagawa est d’ailleurs la première de cette fameuse série. Mais qu’est-ce qui rend cette oeuvre si exceptionnelle ?
Pour son oeuvre, Hokusai utilise le bleu de Prusse. C’est une couleur très à la mode au Japon à cette époque. Ce bleu rend cette oeuvre très facilement identifiable. On y retrouve aussi un autre emblème du Japon, le Mont Fuji, tout au fond en arrière plan, avec son sommet enneigé. Cette montagne est la plus haute du Japon. Le Mont Fuji est extrêmement important pour les japonais. Il représente la beauté de la nature. Beaucoup de personnes s’y rendent en pèlerinage.
Au premier plan, on retrouve évidemment la vague. Celle-ci domine l’espace. On peut aussi apercevoir deux petits bateaux. Ceux-ci n’ont aucune chance face à cette immense vague. Les marins luttent pour leur survie mais rien y fait. La vague dont l’écume blanche ressemble à des griffes est prête à les avaler. Hokusai symbolise ici la force de la nature face à l’homme.
On peut relever un certain contraste entre le premier plan et le second. Le premier plan avec la vague semble mouvementé alors que le second semble plus posé, calme et en paix. Le Mont Fuji représente ici une forme d’espoir, un salut pour les hommes.

Robe Christian Dior par John Galliano, Haute Couture – Printemps / Été 2007
Le musée Guimet propose donc actuellement une salle entièrement dédiée à La Grande Vague d’Hokusai. Publiée pour la première fois en 1831, cette estampe fait partie de la série des Trente-six vue du Mont Fuji qui représente cette montagne emblématique du Japon sous différents points de vue.
Plusieurs artistes s’inspirent de cette oeuvre que ce soit dans l’art comme le dessin, les bandes dessinées mais aussi dans la mode. Au centre de la salle se trouve d’ailleurs une création de la Maison Dior signée John Galliano et datant de 2007. Cette robe est incroyable et montre que la célèbre vague d’Hokusai a su traverser les époques et s’adapter en inspirant différents artistes.
Que pensez-vous de cette oeuvre ? Que représente-t-elle pour vous ?
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