Découvrez l’exposition « Henri Matisse, 1941-1954 » au Grand Palais

Jusqu’au 26 juillet, le Grand Palais, en collaboration avec le Centre Pompidou, propose une exposition consacrée à Henri Matisse. L’exposition porte sur une période marquante de sa vie entre 1941 et 1954. C’est une période importante pour l’artiste qui lui apporte un nouveau souffle dans sa création. Les dernières années de sa vie seront sans doute les plus prolifiques. Plus de 300 oeuvres venues du monde entier sont à retrouver.

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Qui est Henri Matisse ?

Henri Matisse est un artiste français né le 31 décembre 1869 et décédé le 3 novembre 1954 à l’âge de 84 ans. Il est une figure majeur du paysage artistique du XX° siècle. Après un tour aux Beaux-Arts, il s’inscrit finalement dans l’atelier du maitre symboliste Gustave Moreau. Ce dernier encourage ses élèves à rêver grand, à imaginer leur peinture sans forcément penser d’abord à la technique. C’est ce qui poussera sans doute Matisse à être si unique en son genre. L’artiste s’essaiera à l’abstraction. Il tentera au maximum de simplifier les codes de la peinture. Il sera aussi pionnier du fauvisme qui prône l’utilisation de couleurs vivent en délaissant le dessin. On ne tente pas de recréer la réalité mais de retranscrire une émotion.

Matisse aura grandement marqué le monde de l’art. On lui connait des oeuvres majeures comme La Danse (1910), La Blouse Roumaine (1940), sa série de Nu Bleu (1952) ou encore La Gerbe (1953).

Une seconde vie

La période choisie pour l’exposition du Grand Palais en étroite collaboration avec le Centre Pompidou est plus qu’intéressante. En 1941, nous sommes en plein dans la Seconde Guerre Mondiale. Henri Matisse pourrait faire comme beaucoup, c’est-à-dire partir aux Etats-Unis pour y retrouver son fils. Mais non, il décide de rester à Nice, où il vit depuis 1930. Son art est considéré par le régime nazi comme faisant partie de l’art dégénéré. De plus, Matisse est souffrant. Il a survécu à une opération des yeux qui aurait pu lui être fatale. A 70 ans, très affaibli, il est conscient de la fragilité de la vie. Il sait que tout peut s’arrêter du jour au lendemain.

Cette prise de conscience le pousse alors à se remettre au travail. Dans sa chambre de l’hôtel Regina, il ne cessera de créer. C’est comme s’il commençait sa « seconde vie ». Il tente de nouvelles choses, s’inspire des personnes qui l’entoure comme sa précieuse fille Marguerite et reçoit des grosses personnalités comme Louis Aragon. La vie continue grâce à un regain de créativité.

Se réinventer à un âge bien avancé

Henri Matisse ne reste pas sur ses acquis et à partir de ses 70 ans, ils décident d’utiliser de nouveaux support pour son art. Après la peinture et le dessin, il s’intéresse à la gouache découpée, aux livres illustrés, aux textiles et aux vitraux. Avec la gouache découpée, Matisse dessine avec des ciseaux ce qui lui crée une grande liberté. Ce procédé lui permet de composer ses oeuvres plus librement. La forme et la couleur ne font désormais plus qu’un. Pour se faire, il était bien souvent accompagné d’auxiliaires qui faisaient offices d’assistantes et qui l’aidaient dans sa création. La plus célèbre était sans doute Lydia Delectorskaya qui était à ses côté depuis 1932. Il peindra souvent son portrait.

Les Intérieurs de Vence

En 1943, Henri Matisse est forcé de quitter Nice pour partir à Vence. L’hôtel Regina où il vit est menacé d’être réquisitionné par les allemands. Tout devient très compliqué pour l’artiste. Sa femme Amélie et sa fille adorée Marguerite sont capturées par la Gestapo pour faits de résistance. Marguerite sera torturée puis déportée. Matisse ne trouve donc aucun repos ni apaisement. Il se noie alors dans le travail. Il illustrera par exemple le recueil de poème de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.

Quand on voit les oeuvres d’Henri Matisse et toutes ses couleurs qui vivent en harmonie, on est obligé de se demander si dans un sens, il ne souhaitait pas donner une réponse à toutes les horreurs qui se passaient autour de lui. C’était sa manière à lui de résister et de ne pas sombrer. Et en réalité, Vence deviendra un véritable sanctuaire pour lui. Il y fera ses premières grandes gouaches découpées de la série Jazz, il créera les célèbres Intérieurs de Vence et entreprendra le projet de La Chapelle de Rosaire. Encore une fois pour lui, la vie ne s’est pas arrêtée, bien au contraire.

Que pensez-vous de cette élan de vie et de créativité ?


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