Jusqu’au 17 septembre leMusée des arts décoratifs de Paris propose une exposition encore dédiée à un thème plus qu’actuel puisqu’il s’agit entre autre du thème du poil. Grand ennemi pendant des siècles, peu à peu réhabilité, c’est un sujet plus qu’intéressant. Le Musée des arts décoratifs de Paris choisi toujours très bien ses thèmes et ses expositions sont toujours très riches. C’est une nouvelle fois le cas en ce qui concerne cette exposition. Intitulée tout simplement « Des Cheveux et des poils », l’exposition revient de manière thématique sur la symbolique de ce détail qui fait pourtant grandement partie de notre vie.
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Tout d’abord, j’aimerai faire un avant propos sur ce thème que je trouve fort intéressant. Je me souviens avoir été marquée en 2013 par une exposition du Quai Branly.
Intitulée « Cheveux Chérie, Frivolités et Trophées », cette exposition revenait surtout sur la symbolique du cheveu à travers le temps mais aussi à travers différentes cultures et civilisations. La chevelure à travers le temps aura toujours été chargée très fortement en matière de symbolique. Qu’elle soit un marqueur de statut social, qu’elle se rattache tout simplement à la beauté ou encore à la maladie et au temps qui passe, la chevelure en dit énormément. Elle parle à notre place. Elle peut signer notre appartenance à un groupe comme les crètes punk ou encore plus négativement avec les crânes chauves des skinheads. On peut aussi penser à ces femmes qui furent tondues à cause de leur relation avec des allemands pendant la seconde guerre mondiale. La chevelure ne serait-elle pas aussi une manière de dominer, d’assujettir et de blesser ? C’est un sujet tellement actuel lorsque l’on voit aujourd’hui que dans certains pays, des femmes se font tuer car elles se baladent les cheveux au vent…

Emma, relique, vers 1900
D’un autre côté, dans certaines civilisations, les cheveux étaient vus comme des trophées. Pas besoin d’aller bien loin, il suffit juste de remonter dans le temps et il n’est pas impossible de se rappeler de certains parents ayant gardé fièrement une petite mèche de cheveux de leur enfant dans une petite boite comme un simple souvenir d’un temps désormais révolu. Le sujet est si vaste.
Quand au poil, il a toujours été éradiqué. Le poil se rapporte au bestiaire, à l’animal. Il est donc ce qui différencie l’homme de la bête. Il fallait qu’il soit enlevé que ce soit pour les femmes comme pour les hommes dans la majorité des époques. Les sourcils aussi étaient parfois complètement épilés. On remarque donc une certaine peur du poil et sans doute un dégoût. Pourtant, si le poil est là c’est qu’il sert bien à quelque chose. Il sert à protéger notre peau contre les agressions extérieurs. Ce n’est qu’assez récemment, à partir du XIXème siècle que le poils devient secrètement érotisé. Les prostitués gardent leurs poils et pour les hommes ils deviennent un marqueur de virilité. Aujourd’hui, on peut voir de plus en plus de femmes assumer leurs poils et ne pas subir les diktats de la mode. Car clairement, comme toute chose, concernant les poils, on parle bien de mode.

Elisabeth Stuart, Michiel Jansz Van Mierevelt, XVII
Revenons-en maintenant à l’exposition du Musée des arts décoratifs de Paris « Des Cheveux et des poils ». L’exposition commence en nous montrant à quel point les cheveux ont fait partie intégrantes de la mode à travers l’Histoire. On apprend que du Moyen-Âge jusqu’au XVème siècle, le port du voile était monnaie courante pour différentes raisons comme on peut l’imaginer. D’abord sans doute pour des raisons cultuelles. On sait que la société chrétienne médiévale était omniprésente à cette époque et cela pendant très longtemps, les femmes portaient donc le voile comme signe de modestie et de piété. En plus de cela, le voile montrait à quel statut social on appartenait. Les femmes de la noblesse utilisaient de très beaux tissus avec de nombreux éléments décoratifs. Et bien sûr, le voile marquait une certaine forme de coquetterie puisqu’il évitait d’être décoiffée.

Marie-Antonette, Sofia Coppola, 2006
Et comment parler de coiffure sans parler de la cour du Roi. Car oui, on le sait, à la cour du roi notamment au temps de Louis XIV, on ne rigolait pas avec la mode. On a vu émerger toutes sortes de coiffures plus impressionnantes les unes que les autres. A cette époque, les hommes portaient d’ailleurs de longues perruques, celles-ci n’étaient pas réservées exclusivement aux femmes.
Le XVIIIème siècle lui est marqué par les coiffures allant toujours de plus en plus haut. Le film de Sofia Coppola, Marie-Antoinette, montre bien cela. Il fallait en mettre à la vue de tous. Je doute en revanche du confort de tout cela.

François Ier, Jean Clouet, 1525-1527
Si pendant tous le Moyen-Âge on ne jugeait que par des corps complètement imberbes et que la traque aux poils faisait rage, la mode a évolué avec François Ier. On voit plusieurs tableaux de cette époque ou barbe et moustache sont mises à l’honneur. Le poil devient alors pour les hommes le reflet d’un esprit viril et guerrier. Cette mode ne restera néanmoins pas bien longtemps puisque comme je le disais dès le XVIIème, on préfèrera de loin un visage lisse symbole de propreté.

Le poils ne fera donc que des vas-et-viens à travers les époques. Tantôt valorisés puis éradiqués. C’est au XIXème siècle qu’il revient sur le devant de la scène et où on lui laisse une place plus importante. De nouveaux objets sont alors créées puis développer comme la cire, le fer ou encore la brosse.
En ce qui concerne le XXème siècle, notre cœur balance en ce qui concerne le poils. Ce que l’on sait néanmoins cest qu’ils ont très mauvaises réputations dans les magazines féminins qui ne cessent de donner des astuces pour s’en débarasser. La dictature des magazines commencent donc. Ce n’est que dans les années 90 qu’on le laisse un peu souffler grâce à la mode du Hipster. Le métier de barbier, disparu depuis 50 ans, renaît alors.

Barbara Van Beck, attribué à un artiste italien, 1650
Jusque là, on a surtout parlé des poils au niveau du visage. Mais qu’en est-il en ce qui concerne les poils du corps ? Ceux-ci disparaissent complètement des peintures à travers toutes l’histoire des arts. On tente alors de se rapprocher le plus possible des corps antiques, des divinités, des allégories, en bref, d’un corps idéaliser. Ça en dit long sur ce que l’on pensait du poils. En réalité, je pense surtout que comme pendant très longtemps le poil était synonyme de bestialité, il faisait forcément échos aux instants les plus primaires de l’homme et donc forcément à la sexualité. De même, ces corps de femmes nus et lisses posent questions et peuvent aussi faire écho à une certaine attirance pour les très jeunes filles…

Jeune femme à sa toilette, Ecole italienne, d’après Titien, XVIème
En ce qui concerne les cheveux on peut aussi parler de la symbolique de leur couleur. Le blond fait référence à l’enfance, à la douceur et à la pureté tandis que le roux fait référence à des femmes sulfureuses, au diable, à la sorcellerie. Le brun évoque plutot un caractère bien trempé. De nos jours, on voit émerger bien d’autres teintes qui montre une certaine liberté d’agir avec ses cheveux. Une forme d’expression de soi aussi.
Dans un temps plus ancien, il était hors de question pour une femme de ne pas être coiffée. Les cheveux détachés étaient reservé à l’intime.

Forcément comme vous avez pu le voir, les cheveux et les poils ont été au centre de pas mal de préoccupations tout au long de l’Histoire et de nombreux métiers en ont découlés. Tout comme de nouveaux lieux ou de nouveaux objets. De plus en 1945, la haute coiffure est devenu un art à part entière.

Il n’y a qu’à regarder les défilés de mode ou les magazines pour voir à quel point les cheveux sont encore sur le devant de la scène. De nombreux créateurs se sont penchés sur ce sujet et ont décidé de détourner la chevelure pour en faire des pièces incroyables, je pense par exemple à Martin Margiela et à son hommage fait à Sonia Rykiel.

Le Musée des arts décoratifs propose toujours des expositions très riches et c’est encore une fois le cas concernant l’exposition « Des Cheveux et des Poils ». L’exposition retrace tout un parcours et revient à travers différentes époques. Plusieurs thèmes sont abordés et c’est assez dingue de voir tous ces œuvres et objets regroupés au même endroit. N’hésitez pas à aller y faire un tour si vous en avez l’occasion avant qu’elle ne se termine.
Que pensez-vous de ce choix de thème ? C’est pour moi assez actuel !
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🧡
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Je ne l’ai pas vue. Merci pour ce retour 😉
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Avec grand plaisir !
En même temps avec tout ce qu’il a à voir c’est dur de suivre le rythme. De mon côté, j’ai réussi à rater l’exposition sur Sarah Bernhardt au Petit Palais. 🥲
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Hélas, comme les cheveux me manquent !
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