Le Culte de la Rousse dans l’Histoire des Arts

Comme je le dis souvent ici, les femmes ont toujours été une source d’inspiration inépuisable pour les artistes. Grace à elles, de grands thèmes incontournables ont émergé dans l’histoire des arts : les déesses de la mythologie grecque, les créatures mystiques, les sorcières, les jeunes vierges, les odalisques… Une de ces muses ultimes revient énormément et cela dans tous les grands sujets énumérés juste avant, il s’agit de la femme rousse. En effet, ce que l’on appelle aujourd’hui « le culte de la rousse » était vraiment à la limite de devenir un vrai style artistique.

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La vierge au Buisson de rose, Martin, Schongauer, 1473

La vierge au Buisson de rose, Martin, Schongauer, 1473

Dans l’histoire des arts, il est toujours très intéressant de s’intéresser au symbolisme. La chevelure et particulièrement celle des femmes est un symbole très fort. Elle peut symboliser la force, le pouvoir mais aussi la vieillesse et la maladie. Les artistes en jouent donc très souvent. Ils utilisent d’ailleurs cette chevelure pour laisser des indices sur la scène qui se joue, pour expliquer leur propos et parfois pour donner des indices sur le niveau social de leurs personnages en s’attardant sur les coiffures. Ces détails sur la chevelure ne sont jamais fait au hasard. 

On retrouve donc tout au long de l’histoire une certaine affection de la part des artistes pour les rousses. Elles sont de véritables muses. Ces cheveux roux sont tellement symboliques et il y a vraiment beaucoup de choses à relever derrière. Saviez-vous qu’au Moyen-Age, les rousses étaient assimilées au diable ? De nombreuses femmes rousses ont été brulées sur le bucher seulement à cause de leur couleur de cheveux. On les considérait comme des sorcières, des partisanes du diable. Leur couleur de cheveux était assimilée au mal, au feu, aux flammes de l’enfer. Il n’est donc pas rare de voir des représentations de sorcières avec des cheveux roux.

Toutes ces légendes autour des femmes rousses ont énormément marqué les esprits au point que dans leurs peintures, les artistes s’en sont donnés à cœur joie. Choisir de représenter une rousse n’avait donc rien d’anodin ! 

Adam et Eve, Rubens, 1600 / Lilith, John Collier, 1887

La rousse dans l’histoire des arts pouvait représenter énormément de choses. Son image a énormément évolué. Tout d’abord comme je le disais, la rousse était associée au mal. Il n’est donc pas étonnant de retrouver Eve, personnage biblique, en rousse incendiaire puisqu’elle est l’actrice première du péché originel. C’est elle qui a tenté Adam. La rousse est donc une tentatrice. Il y a aussi une connotation très sexuelle derrière cette simple couleur. On retrouve aussi de nombreuses représentation de Lilith en rousse. Ce démon féminin est hyper érotisé comme on peut le voir dans le tableau de John Collier. Elle est représentée enlacer avec ce serpent et ses cheveux pourraient presque être confondus avec des flammes. 

En plus de la symbolique du mal ou de la sexualité exacerbée, le roux permettait de mettre en valeur la couleur de peau du personnage. La blancheur de la peau ressortait encore mieux. Et puis qu’on se le dise, on trouvait quand même moins de rousses que de blondes ou de brunes, j’imagine donc que pour les artistes, ça donnait un certain « exotisme » à leurs œuvres. La rareté attirait et faisait sortir du lot les œuvres présentées en les rendant plus originales. De plus, cette couleur rousse ressortait énormément et tapait à l’œil. J’imagine que lors du Salon (la Fashion Week du tableau de l’époque), ça devait vraiment attirer les spectateurs. 

Diana, Guillaume Seignac, XIX / Sirène, John William Waterhouse, 1900

Au fur et à mesure, l’image de la rousse évolue donc. Après avoir suscité la répulsion de part ses nombreuses légendes, voilà qu’elle commence à fasciner ! On représente de nombreuses divinités avec des cheveux roux ou des créatures légendaires. Encore une fois, cela permettait aux artistes un réel travail de couleurs sur leurs œuvres. Il n’y a qu’à voir ce tableau de Waterhouse. Dominé par la couleur bleue, la chevelure de la sirène ressort énormément et donne un très beau contraste. 

La chevelure rousse sera donc aussi rattachée au mysticisme et au divin. Elle continue de représenter la tentation, la passion mais plus forcément dans le sens négatif qu’il y avait au Moyen-Age.

Danseuses sur scène, Edgar Degas, 1889

Danseuses sur scène, Edgar Degas, 1889

On peut clairement dire que ce « culte de la rousse » était en réalité un réel fétichisme de la part des artistes. Ils sont si nombreux à avoir représenter des femmes rousses de manière érotique. Egon Schiele représentait ses très (trop) jeunes modèles avec des cheveux roux dans des poses super érotiques. Fernand Khnopff sera hanté par les rousses dans toutes ses œuvres. Toulouse-Lautrec, habitué des maisons closes, dépeindra lui aussi celles qui étaient ses grandes amies avec des cheveux flamboyants. Car oui, la rousse, forcément hyper sexualisée est fortement rattachée à la prostituée ou plutôt à la courtisane. Edgar Degas le montre aussi dans ses œuvres. Beaucoup de ses petites danseuses sont représentées avec des cheveux roux et à cette époque, les danseuses d’Opéra étaient pour la plupart des courtisanes. Les hommes venaient à l’Opéra pour se trouver une femme avec qui passer du bon temps…

Le Vampire, Edvard Munch, 1895 / La Liseuse, Jean Jacques Henner, 1880-1890

Il y a donc dans cette évolution de l’image de la rousse, cette ambivalence entre « Eros » qui est l’amour, la passion et le « Thanatos« , la mort. C’est un lien hyper commun que l’on retrouve énormément dans l’histoire des arts. Déjà de base, la femme est souvent représentée comme un objet de désir mais en même temps, on la représente de manière dangereuse, comme si elle allait détourner les hommes du droit chemin. Regardez par exemple La Liseuse de Henner. Elle est représentée tranquillement en train de lire, la blancheur de sa peau brille et valorise sa beauté, elle en est presque divine, surnaturelle. Quant à ses cheveux roux, ils se confondent avec tout le décor et ça donne un peu l’impression qu’elle se retrouve en plein milieu des flammes… De même pour Le Vampire de Munch, on pourrait imaginer que la femme représentée réconforte cet homme mais le titre nous dit qu’elle est en réalité un vampire. Ses cheveux roux ressemblent à du sang qui coule. Le teint de l’homme est bleu vert, elle est en train de le tuer. Est-ce que Munch essayait de mettre en garde les hommes en leur disant que les femmes, l’amour en général, allaient leur pomper toute leur énergie vitale ? Quand on connait son histoire avec les femmes, c’est bien possible !

C’est comme si les artistes faisaient une mise en garde avec ces représentations de rousses incendiaires. Comme s’ils essayaient de donner leur vérité concernant l’amour. L’amour est comme un piège pour eux. Les femmes derrière leur beauté cache quelque chose. Je pense que le personnage de Shakespeare, Hamlet, serait d’ailleurs d’accord avec cela ! Son amante, Ophélie, est d’ailleurs très souvent représentée rousse elle aussi dans l’histoire des arts…

Caresses, Fernand Khnopff, 1896

La rousse est donc la femme dont il faut le plus se méfier dans l’histoire des arts. Les mythes et légendes lui collent clairement à la peau. Sorcières, démons, épouses de satan… Elles attirent par leur beauté comme des sirènes pour pousser les hommes à leur perte. Décrite pendant longtemps comme dangereuses, forcément, la rousse par sa beauté et sa rareté attirera et fascinera.


Aviez-vous remarqué la forte présence de ces jolies rousses dans l’histoire des arts ?


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3 commentaires sur « Le Culte de la Rousse dans l’Histoire des Arts »

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