Le genre des Vanités

A travers leurs œuvres, les artistes tentent parfois de faire passer un message afin de pousser leurs spectateurs à la réflexion. Au tout début du XVII° siècle, un genre artistique fortement inspiré par la religion émerge pour ensuite s’en détacher un peu plus et se centrer sur l’homme et ses pensées, il s’agit du genre des Vanités.

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Vanité, Philippe de Champaigne, VII

Vanité, Philippe de Champaigne, VII

La Vanité est un genre artistique né au XVII° siècle dans les Flandres. Connaissant un fort succès en Hollande, le genre s’étend dans toute l’Europe. C’est une sorte de nature morte très symbolique se rattachant au mouvement artistique baroque. Né précisément en 1620 où la religion tient bien évidemment une place centrale, on y retrouve forcément une grosse influence à commencer déjà par son nom. La « Vanité » vient de l’Ancien Testament : « Vanité des vanités, tout est vanité » – Ecclesiaste 1-2. 

La Madeleine à la veilleuse, 1645 et La Madeleine aux deux flammes, 1650, Georges de La Tour

Le thème abordé dans les vanités par les artistes est dans un premier temps religieux. Les vanités, pour la plupart très peu figuratives, représentent plusieurs objets à forte portée symbolique. On retrouve très souvent des fleurs fanées, des bougies, des instruments de musique, des livres… Tout ce qui a attrait à la vie terrestre. La vanité pousse le spectateur à remettre sa vie en question. Nos occupations terrestres telles que les arts ou les sciences sont-elles vraiment si importantes que cela ? Le plus important ne serait-il pas le salut de notre âme ? Car en réalité, tout ce que l’on fait sur terre se terminera un jour ou l’autre et au final, tout le travail accompli disparaitra. La vanité sert donc à nous montrer la futilité de la vie. 

Comme emblème absolu de ce genre artistique, nous retrouvons le crâne. Symbole ultime de la mort, le crâne nous met en garde : « memento mori« , « souviens toi que tu vas mourir ». 

Georges de La Tour a réalisé plusieurs vanités. On y retrouve pour le coup de la figuration notamment Marie-Madeleine, la Pénitente. On y voit dans les deux tableaux ci-dessus Marie-Madeleine perdue dans ses pensées, fixant la flamme d’une bougie. Elle est en pleine réflexion sur la vie et sur sa fragilité. Le crâne symbolisant la mort est posé sur ses genoux. Dans les deux tableaux, son ventre semble arrondi. On pourrait très bien imaginer une certaine réflexion sur la maternité parce que dans un sens, si l’on suit ce que le genre des vanités tente de nous faire comprendre, en donnant la vie, on donne aussi la mort…

La Vanité au portrait, David Bailly, 1651

La Vanité au portrait, David Bailly, 1651

Le sens des objets est plus qu’important dans les vanités. Mis en scène ou parfois simplement exposés, ils symbolisent tous une partie de la vie terrestre. A travers eux, les artistes souhaitent montrer leur futilité. Ils tentent de plus de faire comprendre que notre vie est vide de sens et qu’il faut se remettre en question. On se perd dans le jeu et dans l’argent mais est-ce vraiment cela le plus important ? Encore une fois, fortement imprégné de la religion, la Vanité tente de nous faire gagner en humilité. Elle tente de nous faire comprendre que toutes nos actions sont vaines car au final, le temps passe et rien ne reste jamais éternellement. 

La Vanité au portrait de Bailly est un tableau que j’aime beaucoup et que j’ai eu la chance de voir en vrai. On y retrouve vraiment TOUS les codes de la Vanité. Des fleurs, des perles représentant la luxure et la beauté, une bougie qui vient tout juste de s’éteindre, des bulles de savon qui reflètent la fragilité de la vie, de l’argent qui au final sera bien inutile lorsque l’on sera dans la tombe… On y voit un personnage jeune. Celui-ci soutient fermement notre regard et tente clairement de nous faire ouvrir les yeux sur la futilité de toutes ces choses exposées. Il guide d’ailleurs notre regard à l’aide de ce bâton en bois. Dans sa main gauche, le jeune homme tient un autoportrait de Bailly. On peut donc se demander si le jeune homme en question ne serait pas une version du peintre dans ses plus belles années. Ce serait une bonne manière de nous montrer les effets du temps. 

Tout est vanité, Georges Allan Gilbert, 1892

Tout est vanité, Georges Allan Gilbert, 1892

Le temps qui passe et la mort ont toujours fasciné. Depuis l’Antiquité, on tente de comprendre ces différents processus, de les saisir, de les comprendre et parfois même de les arrêter. Ce qui était au XVII° fortement imprégné par la religion va petit à petit devenir beaucoup plus intime. En avançant dans l’âge, les artistes vont sans doute commencer à se demander ce qu’il y a après la mort et forcément ça soulève énormément de question. S’il n’y a rien, à quoi bon s’affairer de son vivant à réussir sa vie, à gagner de l’argent, à créer, si au final lorsque l’on meurt, c’est le trou noir. 

Une autre notion se rapproche énormément de la Vanité, il s’agit du Carpe Diem qui signifie en latin « Cueille le jour« . C’est en quelque sorte une vision un peu plus optimiste. Quand la Vanité et son célèbre « Memento Mori » presse les artistes à trouver leur salut, le Carpe Diem lui les encourage à profiter un maximum des plaisirs de la vie sans forcément penser au lendemain. C’est une vision hyper hédoniste de la vie et beaucoup plus positive et saine d’après moi. On peut tout de même faire un lien avec la Vanité et se dire que cette vision là nous pousse à profiter de l’instant présent car on ne sait pas de quoi sera fait demain… L’ombre de la mort plane toujours.

Le genre de la Vanité se perd peu à peu à partir du XVIII° siècle pour ensuite revenir au XX°. Dali et Magritte en ont d’ailleurs eux aussi réalisé. Pour le coup, à partir de là, on s’éloigne vraiment de la religion et de cette recherche de salut. On parle plus du temps qui passe et de son effet sur la beauté et la jeunesse. Evidemment, la beauté des femmes est énormément abordée. On sait que depuis toujours, les femmes sont jugées sur leur apparence de manière beaucoup plus dures que les hommes. On parle donc de l’effet du temps sur leur corps…

Vanité au crâne, Jan Van Kessel, 1679

Vanité au crâne, Jan Van Kessel, 1679

Les Vanités sont donc un genre artistique malgré tout très présent dans l’histoire des arts. Très rependu en Europe, c’est en Hollande qu’il est à son apogée. Ce style est une manière pour les artistes de partager leur réflexion sur la vie et de pousser leurs spectateurs à en faire de même. Aujourd’hui, dans un monde où les réseaux sociaux nous poussent sans cesse à nous montrer sous notre meilleur jour, je pense que ce message d’humilité et de remise en question permanente est assez important car en effet, le temps passe et il est insaisissable…

Que pensez-vous de ce genre de peinture ?


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2 commentaires sur « Le genre des Vanités »

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