La poésie picturale de John William Waterhouse

En plus d’évoquer ici les musées et autres maisons de culture, je souhaite à présent partager mes coups de cœur artistiques et aborder un peu plus en profondeur l’Histoire des Arts que j’affectionne tant. J’ouvre donc le bal avec le tout premier article de ma nouvelle catégorie : la poésie de picturale de John William Waterhouse.

Le sommeil et son demi frère la mort, 1876, Waterhouse

D’après moi, John William Waterhouse n’est vraiment pas un artiste apprécié à sa juste valeur. Avant de me lancer avec passion dans cet article, je feuillette quelques-uns de mes livres. Pas un seul ne mentionne ce cher Waterhouse. Quelle déception ! Je suis fascinée par ses tableaux si ésotériques et mystérieux.

Waterhouse est un peintre britannique né dans le berceau de l’art, en Italie, en 1849. Ses parents eux aussi sont peintres, c’est d’ailleurs son père qui le forme dès son plus jeune âge. Ce cher John se lance donc lui aussi dans cette voie toute tracée pour lui et accède à la Royal Academy of Arts de Londres en 1870. Toute sa vie, il y exposera des tableaux qui seront toujours très bien accueillis comme cette allégorie intitulée Le Sommeil et son demi-frère la Mort datant de 1874.

Son travail est très apprécié en son temps et si on le compare à de nombreux grands maîtres, il n’aura jamais été un artiste controversé ou censuré. Waterhouse n’est pas dans la provocation, je trouve même son style très noble et élégant. Il puise son inspiration dans la littérature et la mythologie.

John William Waterhouse est un artiste peintre se rattachant au mouvement préraphaélite. C’est un courant artistique né au Royaume-Uni en plein milieu du XIX° siècle. Les préraphaélites tendent à imiter les modèles italiens de la Renaissance dans la continuité du grand maître Raphael. Waterhouse est certes, un artiste moderne (il est mort en 1917) mais s’inspire d’un art très « classique » et d’un style très traditionnel.

On retrouve de nombreux thèmes récurrents dans son oeuvre comme par exemple les personnages de la légende Arthurienne. L’artiste en est clairement fasciné. On croise sans cesse des chevaliers et des dames de cour. Il rend aussi hommage à Shakespeare et particulièrement à Hamlet. Il peint plusieurs fois Ophélie comme ici où on la voit couronnant ses cheveux de petites fleurs comme pour symboliser son éternelle jeunesse puisque si on a lu Hamlet de Shakespeare (ou au mieux, vu une représentation au théâtre), on sait que ce personnage meurt noyé dans les eaux.

L’eau est d’ailleurs un élément omniprésent des peintures de Waterhouse. Il représente très souvent des moments juste avant la mort de ses personnages, je vois donc l’eau comme étant un symbole de passage pour les âmes vers un autre monde. L’eau étant aussi très présente dans les Enfers de la mythologie grecque à travers l’image du fleuve Styx. De même pour la mythologie celtique, l’eau, ou plutôt les lacs, sont connus comme étant des passerelles vers d’autres mondes. Ce qui est assez intéressant aussi, c’est si l’on s’amuse à traduire le nom de famille de l’artiste… « Waterhouse » signifie « la maison de l’eau »… Coïncidence ou pur hasard ?

Waterhouse fait aussi partie de ces artistes passionnés par les femmes rousses comme pouvait l’être aussi Fernand Khnopff ! J’ai d’ailleurs dans l’idée de dédier un article entier à ce que l’on appelle dans l’Histoire des Arts : le culte de la Rousse. 😉 Concernant ce cher John, c’est sûr, il les adorait.

Tout au long de sa carrière, l’homme se plait à rester dans ses thèmes fétiches. Il nous dépeint un univers qui le passionne. Comme je le disais plus haut, la mythologie grecque est un thème très récurrent dans son oeuvre. Ici, on retrouve la célèbre sorcière que le héro antique Ulysse rencontre sur une île : Circé. Celle-ci est connu comme étant une magicienne et empoisonneuse. Selon Homère, elle aurait pour habitude de métamorphoser les hommes en porc.

C’est donc le moment juste avant ces métamorphoses que Waterhouse représente Circé en 1891. Assise sur ce qui ressemble à un trône, sa baguette de magicienne levée et une coupe à la main, prête à l’offrir. On aperçoit dans son dos, un miroir reflétant Ulysse et au loin, on arrive même à apercevoir son navire. Ce tableau est sans doute l’un de mes préférés.

Un an plus tard, en 1892, Waterhouse présente une nouvelle peinture consacrée à la sorcière. C’est quelque chose qu’il fait très souvent. Tout au long de sa carrière, il reviendra sur des thèmes récurrents de son oeuvre pour les réinterpréter à nouveau et les réinventer.

The Lady Of Shalott, 1888

Voici maintenant la toile la plus célèbre de John William Waterhouse. Intitulée La Dame de Shalott, cette oeuvre a été réalisée en 1888. L’artiste en fera deux autres versions comme à son habitude.

Ce tableau est inspiré d’un poème d’Alfred Tennyson écrit en 1832. Il représente Elaine d’Astolat, dite Elaine la Blanche, personnage de la légende Arthurienne. Encore une fois, l’artiste représente la vie juste avant la mort. Elaine prise d’un chagrin immense à cause de Lancelot du Lac qui lui refuse son amour se dirige elle-même à sa propre mort. On peut apercevoir que de sa main droite, elle lâche la chaîne qui servait à tenir son bateau amarré, des bougies en face d’elle sont en train de s’éteindre à cause du vent, elle regarde loin en face d’elle… Tant de détails qui symbolisent sa mort à venir. Et puis, la symbolique du bateau encore une fois, qui fait référence au voyage, cette fois-ci, le dernier. Je ne peux que penser à Charon, passeur des Enfers dans la mythologie grecque, qui attend sur sa barque les âmes des défunts. Ici, Elaine n’a pas besoin de passeur, elle y va d’elle même.

Cette toile est magnifique. On ressent l’ambiance, le froid et le silence de mort qui y règne. La nature y est si bien représentée qu’on arrive à visualiser le courant de l’eau. Waterhouse est tellement fascinant !


Se termine donc ce tout premier article dédié à l’Histoire des Arts. Parfois, ces articles aborderont un artiste ou un courant artistique en particulier mais aussi des grandes problématiques ou encore, des grands thèmes récurrents à travers l’histoire. En tout cas, j’espère que vous aurez été aussi fascinés que moi par l’oeuvre de John William Waterhouse. Pour moi, il mérite beaucoup plus de reconnaissance. Ses œuvres sont tellement belles, sensibles, poétiques. Il y a quelque chose de magiques qui en ressort. Je vous encourage donc à aller admirer davantage de ses œuvres sur le net ou si vous en avez la chance, directement dans les musées ! 😉

Que pensez-vous de John William Waterhouse ? Le connaissiez-vous ?

N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire, à liker l’article, à vous abonner au site et à me suivre sur Instagram pour ne rien rater de mes aventures ! 😉

3 commentaires sur « La poésie picturale de John William Waterhouse »

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