Retour sur l’exposition du Petit Palais dédiée à l’artiste symboliste Fernand Khnopff

Pour la première fois depuis 40 ans, l’artiste belge symboliste Fernand Khnopff (1858-1921) est à l’honneur dans une exposition rétrospective au Petit Palais. Retraçant toute son Oeuvre, le musée expose des œuvres emblématiques de l’artiste allant de paysages, portraits ou encore aux nus.  Peintre, dessinateur, sculpteur et photographe, Fernand Khnopff nous invite à travers un voyage fantasmagorique.

Plan de maison de Fernand Khnopff

Comme beaucoup d’artistes, la maison est le foyer même de leur création. A l’inverse des impressionnistes qui décidèrent de quitter leur atelier pour sortir et capter les instants présents de la vie quotidienne et de la nature, les artistes symbolistes eux sont beaucoup plus renfermés et plus solitaires. A la quête de réponses concernant le monde et surtout leur propre personne, ils s’enferment afin de rester concentrés et de se focaliser sur leurs recherches. Pour montrer à quel point la maison de Khnopff était essentielle pour lui, le Petit Palais décide de reproduire une scénographie à l’image de ce qu’était sa maison, on passe de portail en portail et on trouve des couleurs comme le bleu, le blanc, le noir et le doré. Couleurs dominantes dans la maison de l’artiste. On retrouve d’ailleurs des plans de cette maison qui était réellement un temple pour Fernand Khnopff, là où il pouvait laisser libre cour à sa personnalité.

Il est très courant que les symbolistes aient des maisons ateliers, il n’y a qu’à voir celle de Gustave Moreau à Paris qui est juste fabuleuse !

Paysage Fernand KhnopffPaysage KhnopffPaysage mystique Fernand KhnopffPaysage mystique

A travers ses paysages inspirés par les Ardennes belges où sa famille avait une maison, Fernand Khnopff ne représente pas la nature telle qu’elle est réellement comme le ferait les impressionnistes. Il représente des perceptions des lieux, sa propre perception, qui pourrait être bien différente de celle que l’on pourrait avoir puisque chaque perception est différente. Sa vision est assez pessimiste puisqu’il ne propose aucun mouvement, tout à l’air figé dans le temps comme si rien n’évoluait jamais. De plus, très peu de personnages sont représentés et quand c’est le cas, ils sont au second plan, ils ne sont pas la priorité de l’artiste. Cela montre sans doute son goût pour la solitude et le calme.

Le cadre utilisé par l’artiste pour ses œuvres est aussi très intéressant puisqu’on a l’impression qu’il sert de fenêtre ouverte aux spectateurs. On a l’impression de vivre la scène, qu’elle se déroule sous nos yeux. L’artiste cherche donc peut-être à nous intégrer dans son œuvres et à nous proposer ses réflexions et ses idées sur le monde.

Le culte de la roussePortrait de Mademoiselle Van der HechtPortrait de Marguerite Khnopff

Fernand Khnopff s’est aussi adonné à l’art du portrait. Il en profite pour représenter ses proches. Les femmes représentés reprennent d’ailleurs très souvent les traits de sa sœur Marguerite qu’il considère comme sa muse. Même dans ses portraits, on remarque un certain malaise puisque très souvent, ses modèles ont l’air perdu, comme  juste posés là, le regard dans le vide, mélancoliques.

HypnosHypnos marque l'art de KhnopffI lock my door upon myself

Comme tout bon artiste, la mythologie est une source inépuisable d’inspiration. En ce qui concerne Fernand Khnopff, il était totalement obsédé par le dieu du sommeil Hypnos. On retrouve la figure du dieu grec dans plusieurs de ses toiles, il en a même fait des sculptures. Hypnos pourrait peut être représenté un pont entre le réel et l’imaginaire. Khnopff l’ayant choisi pour emblème nous montre son côté rêveur, jonglant avec réalité et fantasme.

Les caresses

Hypnos n’est pas la seule figure mythologique à apparaître dans les œuvres de Khnopff. On retrouve aussi beaucoup de représentations de Méduse mais aussi d’Œdipe et du Sphinx. Ce qui est assez étonnant, c’est que dans cette oeuvre intitulée Les Caresses, on retrouve un Œdipe androgyne, encore une fois fortement inspirée par la sœur de l’artiste Marguerite.

Les femmes

Khnopff a un rapport très étrange avec les femmes. Autant il adore sa sœur Marguerite que l’on retrouve vraiment partout dans ses peintures, autant, il éprouve une certaine méfiance envers le sexe opposé. Il lui est arrivé de peindre du nu, de montrer les femmes comme des tentatrices à l’image de la Reine de Saba ou bien comme des guerrières. On remarque tout de même un certain culte de la rousse. Les rousses ayant toujours été considérées dans l’art comme des sorcières et des séductrices.


Cette rétrospective proposée par le Petit Palais permet de mettre en avant un large panel de ce qu’est l’art de Fernand Khnopff. L’exposition aborde les grands thèmes qui auront marqué l’artiste belge symboliste : le portrait, le paysage, le nu, la sculpture mais aussi la photographie qu’il utilisait pour étudier les gestes et les postures de ses modèles.

Connaissiez-vous Fernand Khnopff ? 

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4 commentaires sur « Retour sur l’exposition du Petit Palais dédiée à l’artiste symboliste Fernand Khnopff »

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