Scandale à la cathédrale : Le Génie du Mal

Comme absolument tout dans ce monde, l’histoire de l’art est lui aussi un domaine souvent confronté à de nombreuses controverses. Celle que nous allons aborder aujourd’hui est en réalité assez comique au point même d’être détournée sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous allons parler de deux sculptures datant du début du XIX° siècle. Il s’agit du Génie du Mal réalisé une première fois en 1842 par l’artiste belge Joseph Geefs puis une seconde fois en 1848 par son frère, Guillaume Geefs.

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Le Génie du Mal, Joseph Geefs, 1842

A la fin des années 1830, Joseph Geefs (1808-1885), un sculpteur belge, est approché par la cathédrale Saint-Paul de la ville de Liège. Assez libre dans sa création, on lui impose tout de même un thème qui est « le triomphe de la religion sur le génie du mal« . Commandée pour la chaire de la cathédrale, c’est à dire l’endroit où l’évêque principal est censé prêcher et faire ses sermons, cette sculpture est par conséquent très importante puisqu’elle fera face aux différentes personnes venant écouter les messes, commémorations ou autres évènements religieux. C’est donc en 1842 que la statue est installée dans la cathédrale et là c’est le scandale !

Le Génie du Mal, Joseph Geefs, 1842

Joseph Geefs, pour représenter le triomphe de la religion sur le mal décide de réaliser une sculpture en marbre de l’ange déchu, c’est-à-dire de Lucifer, le diable lui-même. Il l’a complètement humanisé et on peut même dire qu’il colle parfaitement aux canons de beauté.

Il se trouve assis sur un rocher, complètement nu avec un simple drapée pour cacher son intimité. L’Ange déchu a une apparence assez jeune. S’il n’avait pas ses ailes de chauve-souris, il aurait été difficile de se dire qu’on parle ici du diable. Il est loin de l’image de démon qu’on lui attribue bien souvent. Il tient sa couronne avec sa main droite, un peu cachée, sans doute pour symboliser le fait qu’il était censé être le préféré de Dieu et qu’au final, il a été destitué. A ses pieds se trouve un serpent, symbole du mal mais aussi connu comme étant le symbole phallique ultime. Concernant son regard, celui-ci est baissé et il fronce légèrement les sourcils… Certains lui trouvent un côté assez féroce malgré sa position plutôt passive. 

Le Génie du Mal, Joseph Geefs, 1842

Cette sculpture fait un énorme scandale. Les évêques trouvaient que Geefs avait donné une image beaucoup trop attirante du diable. Et d’après eux, ce génie du mal perturbait les jeunes filles et les pervertirait… Rien que ça ! C’est donc un énorme tollé. La statue est retirée de la chaire. En même temps, je me mets un peu à la place de tous ces religieux… C’est vrai que cette statue met incroyablement Lucifer en valeur, le rend « attirant » et par conséquent le glorifie. Était-ce volontaire de la part de Joseph Geefs ?

Cette oeuvre est gothique à souhait. Elle colle aussi parfaitement au mouvement romantique de l’époque où on tentait de réhabiliter Lucifer en mettant en avant ses sentiments.

Le Génie du Mal, Guillaume Geefs, 1848

Après avoir retiré Le Génie du Mal de Joseph Geefs, la cathédrale Saint-Paul de la ville de Liège fait alors une nouvelle commande et cette fois-ci, c’est au frère du sculpteur, lui aussi artiste que l’on demande une nouvelle création. Guillaume Geefs réalise donc une nouvelle version du Génie du Mal. Elle sera installée en 1848 au centre de la chaire. Guillaume s’est clairement inspirée de l’œuvre initiale de son frère mais on retrouve quand même quelques différences.

Le Génie du Mal, Guillaume Geefs, 1848

Le Lucifer de Guillaume Geefs parait un peu plus âgé que celui de son frère Joseph, il fait moins juvénile. Des chaines ont été rajoutées pour montrer comme convenu la victoire de la religion sur le mal. Son expression parait moins féroce et l’on peut remarquer une larme sur le côté gauche de son visage. Il est en train de sangloter, on peut l’imaginer prit de remords. Mais encore une fois, ce Lucifer connait un énorme succès. Il parait même beaucoup plus sexy que le premier. Il a une carrure plus musclé, il fait un peu plus homme et encore une fois il rentre complètement dans les canons de beauté !

Ils ont donc remplacé un Lucifer considéré comme beaucoup trop attirant et déstabilisant par un autre Lucifer encore plus attirant et déstabilisant… C’est assez ironique, non ?

Le Génie du Mal, Guillaume Geefs, 1848

Cette sculpture connaitra énormément de succès notamment chez les sataniques ! (Oui oui !) Il en est clairement devenu un emblème ! C’était aussi une œuvre très appréciée du mouvement romantique du XIX° siècle. Il est vrai que cette œuvre colle parfaitement à ce courant. Le repli sur soi, la tristesse, l’expression des sentiments… Une œuvre aux allures mélancolique !

Que pensez-vous de ces deux œuvres et de cette controverse plutôt amusante ?


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14 commentaires sur « Scandale à la cathédrale : Le Génie du Mal »

    1. C’est beaucoup trop marrant !
      Par contre, si je peux me permettre, on dit les « satanistes » (satanique signifie juste relié à satan)

      Sinon, l’article est génial !

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  1. Je trouve amusant d’installer peinard Lucifer dans une église. Qu’il y occupe la plus belle place, quel paradoxe.

    Ça me fait bien marrer que ces statues soient ensuite détournée par les satanistes.

    Diable, que voilà une belle victoire de Lucifer !

    Aimé par 1 personne

  2. C’est deux sculptures sont magnifiques et leur histoire assez drôle assez il faut le dire ! C’est vrai que c’est assez insolite de mettre une statue de Lucifer dans une église… Très bel article Sonia, je ne connais pas ces deux artistes, je suis ravie

    Aimé par 1 personne

  3. Lucifer means light-bringer, the Morning Star. In Revelation: « I, Jesus… am the root… and the bright and Morning Star. » We are told that Christ is the divine Lucifer and Satan is the infernal Lucifer. It is only because of Milton that we associate Lucifer with the devil.

    Aimé par 1 personne

  4. « Au musée des Beaux-arts de Berlgique » est une belle coquille. ( La « coquille » étant une faute typologique). On aurait pu rire si cette coquille était devenue Belgicle,plus représentative de l’état de notre état.

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