L’image du Diable à travers l’Histoire des Arts et son évolution

Après avoir souvent parlé ici de légendes, de monstres en tout genre et de fantômes, je souhaite aujourd’hui aborder un sujet plus que récurrent dans l’histoire des arts et surtout, un sujet qui colle parfaitement à cette saison : le Diable.

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La Chute de Lucifer, Esquivel, 1840

La Chute de Lucifer, Esquivel, 1840

Au commencement :

Si on se penche exclusivement sur les religions monothéistes et plus précisément sur le christianisme, celui que l’on nomme le Diable ou encore Satan était en réalité un ange. Il se dit même qu’il était le préféré de son Père. Lucifer qui comme son nom l’indique est celui qui apporte la lumière était connu pour sa grande beauté. Un jour, une bataille éclate dans les cieux entre les archanges du fait que certains n’aient pas respecté les règles et aient péché. Deux camps se dessinent alors : celui de Lucifer qui jalouse les hommes et souhaite se rebeller contre Dieu et de l’autre côté, celui de l’archange Michel, le chef de tous.

Lucifer est battu et se voit expulsé du monde céleste. C’est une grande humiliation pour lui et à partir de là, celui qui était de base un ange va se transformer en démon, rejeter son nom et devenir le Diable, celui qui trompe, qui fait du mal, qui ment…

Inconnu / Saint Wolfgang et le Diable, Pacher, 1471-1475

LE DIABLE, UNE MENACE PERMANENTE AU MOYEN-AGE : 

A une époque où la religion fait partie intégrante de la vie quotidienne, on croit dur comme fer aux écrits et par conséquent on craint celui que l’on surnomme le Prince de l’Enfer. La figuration du Diable est fortement inspirée des anciennes religions où l’on retrouvait énormément d’animaux. Il peut être représenter comme un dragon, un serpent, un lézard… Quelque chose de rampant sur la terre, de froid, qui représente clairement la mort. Son image est terrifiante et sert à mettre en garde les hommes. L’Eglise espère tenir ses fidèles sur le droit chemin en montrant des représentations cauchemardesques et terrifiantes. L’ange déchu est devenu une entité démoniaque qui brule les âmes des pécheurs. 

De plus, il est une réelle menace puisqu’il ne se contente pas de rester sous terre… Non, il est présent parmi les hommes et tentent par tous les moyens de les séduire pour récolter leur âme. On retrouvera donc très souvent des représentations du diable dans des scènes apocalyptiques et cauchemardesques se délectant du mal ou encore des scènes de tentations à travers des pactes sordides. Dans la Bible, il n’est pas décrit, son image est donc littéralement créée de toute pièce pour faire peur.

Adam et Ève, Guido Reni, 1620

Adam et Ève, Guido Reni, 1620

LE TENTATEUR :

A l’image du serpent, le mal se faufile discrètement, on ne le voit pas arriver et c’est clairement ce que souhaite montrer l’Eglise et les artistes. Le Diable sait se montrer séduisant et amène les hommes à faire de mauvaises actions. Le péché originel est d’ailleurs une des scènes bibliques que les artistes adorent représenter. On y voit clairement l’influence de Satan et pourtant, il reste imperceptible, discret. Il est symbolisé par ce serpent enroulé autour de l’arbre de la connaissance et ça aussi, mine de rien, c’est hyper symbolique. C’est un peu comme comme si cet arbre était en réalité notre esprit, notre conscience et que le mal pouvait s’y loger sans que l’on ne s’en rende compte… 

Le sabbat des sorcières, Goya, 1798 / Le Sabbat des sorcières, Falero, 1878

Le diable et les femmes : 

Depuis toujours, les femmes sont rattachées au mal, au péché et à la tentation. Merci très chère Ève ! Plus sérieusement, depuis le Moyen-Âge, de nombreuses femmes ont été accusées d’être des sorcières et d’apporter malheur et maléfice autour d’elles. On ne compte plus les victimes partout à travers l’Europe et cela jusqu’au début du XVIII ème siècle (officiellement…). Ces femmes seront donc malgré elles rattachées à l’image du Diable. On a d’ailleurs déjà abordé l’image du serpent ici et son lien très étroit avec les femmes donc forcément, Satan qui est lui-même très souvent représenté sous la forme d’un serpent et fortement lié celles que l’on croit être ses disciples…

Néanmoins, à partir de là, sa figuration évolue. Le Diable est représenté par un bouc à gros sabots et aux cornes immenses. Il rappelle fortement l’image du dieu grec Pan, une divinité de la nature mi-bouc mi-homme à la sexualité complètement débridée. Et là encore, ce choix de le représenter en animal est assez intéressant quand on sait que le diable est le tentateur ultime ! Et là encore, il est aussi trompeur ! Pour détourner les hommes du droit chemin, il envoie les plus belles créatures qui soit… 

L’Ange déchu, Cabanel, 1847

L’Ange déchu, Cabanel, 1847

Le diable RÉHABILITÉ : 

C’est sans doute avec l’émergence de courant artistique tel que le romantisme au tout début du XIX ème siècle qui met en avant les sentiments qu’on se réinteresse un peu plus profondément à l’image du Diable. Qui est-il ? Pourquoi est-il si mauvais ? C’est limite une psychanalyse qui commence pour celui que l’on appelait Lucifer. Celui-ci s’humanise peu à peu  et l’on peut s’identifier à lui. Des caractéristiques humaines lui sont données pourtant et cela depuis le tout début. On le décrit comme jaloux, orgueilleux, enragé, colérique… C’est exactement ce que représente ici Cabanel. J’aime énormément ce tableau et particulièrement la manière dont Lucifer y est représenté : abattu, triste, en colère… Ce sont des sentiments que chacun peut comprendre. On retrouve aussi un certain érotisme dans ce tableau. Le Diable sera souvent représenté sous son meilleur jour, c’est le cas aussi par exemple pour les sculptures des frères Geefs


Le Diable aura donc parcouru les époques à travers différentes apparences. Toujours représenté sous la forme d’un animal, ce n’est en réalité que très récemment que son blason est redoré et qu’une forme humaine lui est enfin attribuée. Petit à petit, il devient moins menaçant et cela s’explique sans doute par le fait que la religion soit beaucoup moins présente. Le Diable est humanisé, perd un peu de sa toute puissance et devient presque un semblable. Beaucoup s’intéresse à lui, à son image et à ce qu’il représente réellement et tente même de le réhabiliter. Je n’ai pas parlé ici des doctrines liées au satanisme car ce n’est pas le sujet mais au début du XX ème siècle, surtout aux Etats-Unis, il y avait une réelle mode pour ce courant et il n’était pas question de crime de sang ou autre comme on pourrait l’imaginer mais juste d’un culte comme un autre. Je ne parle pas non plus des séries dérivées en lien avec le Diable qui clairement humanise à fond et érotise cette entité comme c’est le cas aussi pour l’image du vampire… Les mœurs changent et évoluent en même temps que le temps justement. Et c’est intéressant de voir à quel point l’interdit peut devenir tentant !

Que pensez-vous de cette évolution ?


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4 commentaires sur « L’image du Diable à travers l’Histoire des Arts et son évolution »

  1. Très intéressant.
    S’il n’est pas surprenant de voir anges et paradis sur le mur des églises, on peut s’étonner d’y voir des représentations du diable et de l’enfer. Le tympan de l’abbaye de Conques est un bon exemple de cette omniprésence du Malin sur les murs des églises. C’est qu’à une époque où seule une toute petite minorité sait lire, il fallait faire passer des messages au plus grand nombre par le biais de l’image. Il faut voir ces riches décorations murales (l’art roman ne laisse pas les murs des églises vides comme on le croit) comme des BD où étaient exposés ce qu’il fallait faire ou pas pour aller au paradis (et en négatif en enfer).
    Et puis Satan est allé prendre l’air, a embauché Jacques Seguéla pour arranger sa com et peaufiner son image, s’est invité sur les toiles et les cimaises, à commencé à faire son sensuel, et le voilà acceptable, parfois sympathique même !

    Merci pour cet article.

    Gier

    Aimé par 1 personne

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