Découvrez l’exposition dédiée à Hilma Af Klint au Grand Palais

Clap de fin pour l’exposition dédiée à l’artiste suédoise Hilma Af Klint au Grand Palais. Intitulée « Hilma Af Klint : les peintures du Temple (1906-1915)« , l’exposition créée en étroite collaboration avec le Centre Pompidou revenait sur l’œuvre emblématique d’une pionnière de l’abstraction. Parler du travail d’Hilma Af Klint, c’est aussi mettre en avant le travail des femmes bien souvent oublier dans l’histoire de l’art. Présente bien avant Kandinsky ou Mondrian, l’artiste suédoise jouait déjà avec les formes géométriques et les aplats de couleurs. Qui était donc Hilma Af Klint ?

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Hilma Af Klint nait en 1862 au château de Kalberg à Solna en Suède. Sa famille a été anoblie pour ses mérites militaires dans la marine. Son grand-père a même participé à la cartographie du pays ce qui n’est pas rien. Il a servi à rendre visible sur papier l’invisible, ce qu’elle-même fera bien plus tard.

En 1882, elle part étudier à l’Académie des Beaux-Arts de Stockholm. Là-bas, elle y étudie la figuration et le paysage. Son travail à cette époque est bien loin de ce que l’on connait d’elle aujourd’hui. Hilma Af Klint est en réalité une pionnière de l’abstraction, un courant artistique majeur du XX° siècle. Elle fait aussi partie de cette première génération de femme à accéder aux formations d’art. A cette époque, très peu de femmes pouvaient accéder aux études supérieures.

En 1880, Hilma Af Klint découvre le spiritisme. Le XIX° siècle est fasciné par l’ésotérisme et le monde spirituel de manière plus générale. C’est un réel courant en Europe mais aussi aux Etats-Unis. On cherche à rentrer en contact avec l’invisible, on fait tourner les tables et on aime se faire peur. L’artiste suédoise se fascine elle aussi par cette mouvance.

Dans un premier temps, ce que cherche Hilma Af Klint avec le spiritisme, c’est de communiquer avec sa sœur tout juste décédée à seulement dix ans. C’est une habitude qu’elle gardera. Des années plus tard, en 1896 elle participe régulièrement à des séances de spiritisme avec quatre amies. Ensemble, elles forment le groupe « De Fem« . Klint note tout les détails de ces séances dans des carnets. En réalité, l’artiste suédoise dit laisser les esprits, les anges ou les guides se servir de son corps pour délivrer des messages. Que ce soit à travers le dessin ou l’écriture automatique, elle se laisse complètement guider.

En 1904, elle rentre dans la Société Théosophique. On lui dit que sa mission de vie est de rendre visible l’invisible. Deux ans plus tard, en 1906, l’artiste dit entendre la voix d’un ange, « Amaliel« . Celui-ci lui confie une mission : créer les peintures du Temple.

L’exposition « Hilma Af Klint : les peintures du Temple (1906-1915) » au Grand Palais revient sur cette période de création. Se sentant investie d’une mission beaucoup plus grande qu’elle, ce sera la période la plus prolifique de sa vie. Dans cette mission, elle sera accompagnée par plusieurs autres femmes. Cet ensemble est composé de 11 séries et comporte 193 oeuvres. Plusieurs thèmes y sont abordés comme la religion, l’occulte, la science, la sexualité, le bien ou le mal… On retrouve aussi plusieurs formats, des petites toiles comme des toiles plus monumentales.

Lors de cette exposition, nous pouvions découvrir les sujets prédominants de la pensée de l’artiste. Hilma Af Klint se posait énormément de question sur le genre. Elle se demandait quelle était la balance parfaite entre le féminin et le masculin. Elle a réalisé une série de 26 petites peintures pour y représenter l’évolution du monde. S’intéressant énormément à la science, elle a conscience que les atomes ou encore les ondes magnétiques sont des choses invisibles à l’oeil nu qui pourtant sont bien présentes. Elle tente alors de représenter les énergies, de les rendre visibles. Le masculin est représenté par le jaune et le féminin par le bleu. Le mélange des deux donnent du vert. C’est la fusion. On retrouve aussi très souvent la forme de l’escargot. Celui-ci représente l’équilibre parfait, l’androgynie. De plus, les spirales de sa coquilles font référence aux cycles, à un mouvement perpétuel, à l’évolution.

Hilma Af Klint a aussi réalisé de grandes peintures figuratives. Celles-ci aurait été réalisées de manières médiumniques, sans qu’aucun brouillon n’ait été réalisé au préalable. Elle se laissait complètement aller par ses guides. Ces toiles représentent alors la lutte des humains sur Terre. La question du genre et de l’unité parfaite revient encore. Au final, les corps se perdent pour ne devenir que des formes. Le charnel n’a alors que très peu d’importance, sauf peut-être quand il s’agit d’amour. Mais quand les corps ne deviennent plus que des formes et se superposent, pour Klint, c’est la fusion parfaite.

Ce qui m’a le plus frappée lors de l’exposition, c’est cette salle regroupant les Dix plus grands. Réalisées d’octobre à décembre 1907 avec ses amies Cordelia et Gusten, ces toiles représentent les étapes de la vie. C’est une nouvelle fois ses guides qui ont demandé à Klint de réaliser « 10 tableaux d’une beauté paradisiaque ». L’artiste réalise alors des oeuvres immense représentant l’enfance, la jeunesse, l’âge adulte et la vieillesse. On retrouve une nouvelle fois cette opposition entre masculin et féminin. Les femmes jouent avec les formes, les éléments floraux, les arabesques et les couleurs. Ce sont vraiment de très belles oeuvres à voir en vrai.

Hilma af Klint décèdera le 21 octobre 1944, la veille de son 82 ème anniversaire. Des années plus tôt, en 1932, elle précise que toute son oeuvre spiritualiste devra être conservée pour ensuite être dévoilée 20 ans après sa mort. Elle prendra soin tout au long de sa vie de documenter son travail. Elles souhaitait transmettre son savoir aux plus jeunes générations.

L’artiste se sentait réellement investie d’une mission. Elle pensait qu’il existait un monde inconnu, invisible. Dans ses oeuvres, on retrouve des codes bien à elle comme par exemple une forte dualité ou opposition. Que ce soit entre le visible et l’invisible, le féminin et le masculin ou encore le terrestre et le spirituel. En plus d’être une pionnière de l’abstraction, on retrouve dans ses oeuvres quelque chose de très symbolique. Que ce soit dans les couleurs qu’elle utilisait, les formes ou les symboles, tout avait un sens.

Connaissiez-vous le travail d’Hilma Af Klint ?


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