Découvrez l’exposition « Andy Warhol, la ligne et l’image » au Musée du Luxembourg

Jusqu’au 10 janvier, le musée du Luxembourg propose une exposition dédiée à l’un des artistes majeurs du XX° siècle, Andy Warhol. Figure emblématique du monde de l’art et pionnier du mouvement Pop Art, Andy Warhol est aujourd’hui connu pour ses portraits de célébrités mais aussi pour ses représentations de produits de grande distribution détournés comme les iconiques canettes de soupes Campbell ou encore les bouteilles de Coca-Cola. L’exposition « Andy Warhol, la ligne et l’image » actuellement au Musée du Luxembourg propose de revenir aux sources de l’artiste et de s’intéresser tout particulièrement au dessin.

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Andy Warhol, né Andy Warhola le 6 août 1928 est sans aucun doute l’un des artistes le plus influents du XX° siècle. A la fois acclamé mais aussi controversé, il est le représentant ultime du Pop Art. Il nait et grandit aux Etats-Unis dans une banlieue pauvre d’Oakland, en Californie, au sein d’une famille originaire de Slovaquie. Sa famille étant très chrétienne, il vit entouré d’une iconographie religieuse et byzantine. D’une santé plutôt fragile lorsqu’il est enfant, il rate très souvent l’école et reste alité au lit. A cette époque déjà, il dessine fortement inspiré par sa mère, Julia, elle-même dessinatrice.

C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers des études d’art. Il sortira d’ailleurs diplômé en Art Commercial de la Carnegie Institute of Technology à Pittsburgh en Pennsylvanie. C’est en allant vivre à New York, en 1949, qu’il commence sa carrière comme illustrateur pour des magazines prestigieux comme Vogue, Glamour ou encore The New York Times. Le dessin est la source de son travail et de sa création. A travers l’exposition « Andy Warhol, la ligne et l’image« , le musée du Luxembourg propose justement de revenir à la base de son art, le dessin.

Le parcours de l’exposition se divise en cinq sections thématiques. On y retrouve environ 150 dessins, peintures, sérigraphies sur papier, photographies et documents d’archives. L’art d’Andy Warhol était très varié. On retrouve des portraits, des scènes de genre, des caricatures ou encore de la publicité. Il fut aussi d’une grande inventivité technique puisqu’il s’inspire des nouvelles technologies pour créer en masse.

Il faut garder à l’esprit qu’à cette époque, jusqu’aux années 50, l’émotion était au coeur de l’art. La main de l’artiste était aussi ce qu’il y avait de plus important. Andy Warhol, lui, décide d’aller à contre courant de cette notion. « Je voudrais être une machine » : en disant cela, l’artiste exprime son souhait de faire disparaitre la main. Pour cela, il va s’inspirer de la production industrielle. Avec la sérigraphie, il va pouvoir multiplier des images à l’infini. Il appellera d’ailleurs son atelier « La Factory« . Ses assistants y produisaient des images à la chaine. En devenant une machine, Andy Warhol souhaitait peut-être échapper aux émotions, à la douleur ou au rejet. C’était en même temps et surtout un moyen pour lui de faire un lien entre le marché de l’art et la société de consommation.

Afin de revenir à la source du travail d’Andy Warhol, l’exposition décide de commencer le parcours en mettant en avant le travail de sa mère, Julia Warhola. Julia était elle-même dessinatrice, il est fort à parier qu’elle a inconsciemment influencé son fils dans le dessin. Elle sera bien plus tard une proche collaboratrice. Dans ses dessins à elle, on retrouve une certaine iconographie religieuse et beaucoup de chats.

Très vite, on retrouve dans cette section ce qui deviendra en quelque sorte les emblèmes du travail de Warhol : la bouteille de Coca-Cola et la boite de conserve de soupe Campbell. L’artiste est quelque peu fasciné par les supermarchés qu’il voit un peu comme des musées. Il fait aussi un certain parallèle entre le commerce de grande distribution et le marché de l’art. L’argent est aussi un thème hyper récurent dans son art. On retrouve très souvent des liasses de billet verts ou tout simplement le symbole du dollar, référence ultime au capitalisme et à la société de consommation. Celui-ci représente en aussi d’une certaine manière le rêve américain vendu à une certaine époque.

Ce lien entre société de consommation et marché de l’art est vraiment au centre de sa pensée. N’oublions pas qu’il est diplômé en Art Commercial. C’est en partie aussi pour cela qu’il s’intéresse à la sérigraphie. Par ce procédé, en répétant une oeuvre à l’infini, il s’adapte à la grande distribution et désacralise l’oeuvre. Il souhaite alors créer sa propre industrie et remettre en question le processus de création des artistes. Il est le miroir parfait du capitalisme et met le monde de l’art au même niveau.

L’artiste s’intéresse aussi énormément aux grandes icônes de la société comme c’est le cas par exemple avec Marilyn Monroe. Andy Warhol avec le dessin va tenter de ressembler un maximum à la star hollywoodienne. Grâce à la photo-sérigraphie, il va ensuite multiplier ce portrait un nombre incalculable de fois et le transformer. Il ‘s’intéresse clairement à l’image et au symbole que représente Marilyn Monroe dans la société. En réalité, ne serait-elle pas elle aussi victime de cette société ? Ne serait-elle pas elle-même en réalité un pur produit de consommation ? Tout serait en réalité un grand théâtre où chacun porte un masque et où la réalité se voit alors complètement altérée.

L’exposition prend aussi le temps de revenir sur ses dessins érotiques qui resteront privés jusque dans les années 70. Andy Warhol est ouvertement gay et vit à ce moment là à New York. Il y découvre la culture Camp (l’exagération, la provocation, l’ironie) et les drag-show. C’est d’ailleurs un art qui l’inspire énormément. Plusieurs polaroids sont exposés où l’on y voit l’artiste travesti, sous des perruques blondes et maquillé. Tous ces dessins et ces clichés étaient très controversés à l’époque et ne pouvaient pas être exposés. Néanmoins, l’artiste les partageait volontairement dans le privé.

Andy Warhol a toujours utilisé l’art comme miroir de la société. Il n’hésite donc pas à se confronter à la violence omniprésente de celle-ci. Avec sa série « Disasters« , l’artiste dessine des armes, des émeutes, des chaises électriques, des suicides. C’est un sujet qu’il évoque dès les années 40-50. Malgré tout, ces drames semblent faire partie intégrante de la vie comme si c’était devenu normal et que tout le monde s’y était habitué.

En même temps, l’artiste lui-même est fasciné par la mort. En 1968, il survit à une tentative de meurtre. Valerie Solanas, militante féministe mais aussi membre de La Factory, se rend à l’atelier et tire trois coups de feu. Warhol est arrivé à l’hôpital et déclaré mort jusqu’à ce qu’un ultime massage cardiaque le réanime. Depuis ce jour, l’artiste est devenu paranoïaque et complètement obsédé par la mort. Il décède en 1987 à seulement 58 ans suite à une opération de routine…

L’exposition « Andy Warhol, la ligne et l’image » au musée du Luxembourg dure donc jusqu’au 10 Janvier. Le parcours est assez cours mais plutôt riche. Elle permet de comprendre les préoccupations de l’artiste, sa pensée et ses réflexions sur un monde qui l’entourait. Excentrique et controversé, il aura été un artiste très prolifique et une réelle référence dans le monde de l’art.

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