Jean-Honoré Fragonard, le peintre de tous les plaisirs

Il y a maintenant un petit moment de ça, je suis allée au musée Cognacq-Jay afin de découvrir une exposition consacrée aux artistes français du XVIIIeme siècle et là-bas j’y ai croisé Jean-Honoré Frangonard. Je me suis dis qu’il serait donc intéressant de revenir sur un artiste majeur de ce siècle en constante évolution et où énormément de choses se sont passées. Qui était donc celui que l’on considère aujourd’hui comme le principal représentant du siècle des plaisirs ?

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Autoportrait, Jean-Honoré Frangonard, vers 1760-1770

Autoportrait, Jean-Honoré Frangonard, vers 1760-1770

Jean-Honoré Fragonard naît à Grasse en 1732 mais part vivre à Paris avec sa famille lorsqu’il a 6 ans. Très tôt, il montre des prédispositions artistiques qui le pousse à se lancer dans la peinture et à devenir à seulement 14 ans l’apprenti de François Boucher. Ce dernier est d’ailleurs lui aussi une figure majeure de la peinture au XVIIIeme siècle, Fragonard atterri donc à la bonne école ! L’élève commence donc par recopier les œuvres des grands maîtres pour se faire la main et développe ensuite ses propres créations. Il reste néanmoins encore dans quelque chose de très académique, à des années lumières de ce qu’il fera par la suite.

Jéroboam sacrifiant aux idoles, Jean-Honoré Fragonard, 1752

Jéroboam sacrifiant aux idoles, Jean-Honoré Fragonard, 1752

Boucher croit énormément en son élève et voit son potentiel. II le pousse alors en 1752 à se présenter au grand prix de la peinture de l’Académie Royale et c’est grâce à une peinture d’histoire, Jéroboam sacrifiant aux idoles, que Fragonard gagne le premier prix. Grace à ce prix, le jeune artiste se fait alors connaître et a la chance quatre ans plus tard d’aller étudier les grands maîtres à Rome. C’est là-bas qu’il commence à trouver son propre style en s’éloignant grandement du style très classique et en se rapprochant davantage du baroque et du rococo. 

Le concours de musique, Jean-Honoré Fragonard, 1754

Le concours de musique, Jean-Honoré Fragonard, 1754

Jean-Honoré Fragonard va d’abord être un touche à touche et tester un peu tous les genres de peinture. Que ce soit la peinture d’histoire, le portrait, le paysage ou encore la scène de genre… Il va passer par toutes les cases jusqu’à trouver ce qui lui correspond le plus : le genre érotique, la scène galante. Fragonard suit donc le chemin de Boucher et pratique un art souvent considéré comme frivole mais qui plait énormément. Louis XV adore son travail et forcément, lorsque l’on a la validation du roi, les portes s’ouvrent plus facilement. 

Le Verrou, Jean-Honoré Fragonard, 1777

Le Verrou, Jean-Honoré Fragonard, 1777

Lorsque Fragonard rentre d’Italie, il est vraiment devenu le peintre à la mode. Un gros projet lui ait alors confié : rénover la galerie d’Apollon du Louvre. Et ça, c’est quand même une sacrée reconnaissance ! En même temps, il représente vraiment l’esprit de ce temps marqué par la frivolité, le libertinage, la liberté de pensée. Louis XV lui-même est quelqu’un de très frivole qui collectionne les maîtresses, il ne pouvait donc qu’apprécier le travail de Fragonard. Mais d’ailleurs, par quoi se caractérisent ses œuvres ?

Les hasards heureux de l’escarpolette, Jean-Honoré Fragonard, 1767

Les hasards heureux de l’escarpolette, Jean-Honoré Fragonard, 1767

L’Odalisque Blonde, Jean-Honoré Fragonard, 1752

Jeune femme jouant avec un chien, Jean-Honoré Fragonard, 1765

L’Odalisque Blonde, Jean-Honoré Fragonard, 1752

L’Odalisque Blonde, Jean-Honoré Fragonard, 1752

Les peintures de Fragonard se caractérisent par un érotisme certain. Qu’il soit caché ou complètement dévoilé, on retrouve toujours cette notion d’intime et de curiosité. Le spectateur prend donc la place d’un voyeur et assiste à des scènes de jeu et de séduction. C’est aussi dans ce sens là que le peintre est plutôt bon puisque même dans des œuvres qui paraissent aux premiers abords « sages », il y a toujours une double lecture, un double sens. Cela crée une forme d’intimité avec ses spectateurs, car seuls ceux qui comprennent son art peuvent comprendre ce qui se passe vraiment dans ces scènes. C’est un peu comme si l’artiste nous laissait des messages codés. 

Dans d’autres œuvres c’est évidemment beaucoup moins subtile. L’artiste travaillait beaucoup avec des commanditaires et forcément certains souhaitaient émoustiller leurs sens dans leur chambre à coucher… Grace à ces nus, on peut tout de même voir le style de Fragonard qui est forcément très influencé par celui de Boucher. Pour son odalisque blonde par exemple il reprend les codes de celle réalisée 7 ans plus tôt par son prédécesseur. Les femmes présentent dans ses tableaux sont toujours dans des positions plus qu’équivoques qui laissent peu de place à l’imagination…

Les progrès des l’amour : La lettre d’amour, 1772 / Le rendrez-vous, 1773

Fragonard est donc le représentant parfait de ce siècle qui voit émerger le mouvement du libertinage et d’une liberté de pensée qui va à l’encontre de tout ce qui était connu jusqu’alors. La frivolité et les plaisirs de la vie étaient le passe temps du moment. Malheureusement pour lui, lors de la Révolution, celui-ci perd son statut de privilégié. Il était littéralement dépendant de la monarchie et des aristocrates. L’artiste représente donc aussi bien le faste du XVIIIeme siècle que son déclin. Lui qui résidait au Louvre est expulsé par Napoléon, sa vie change donc radicalement. Il perd de plus sa fortune puisque forcément, plus personne ne le paie pour ses tableaux, il n’a plus aucune commandes. Il décèdera en 1806 dans l’indifférence générale. 

Le baiser à la dérobée, Jean-Honoré Fragonard, 1787

Le baiser à la dérobée, Jean-Honoré Fragonard, 1787

C’est assez dingue de voir comment la vie de Fragonard a pris un réel tournant suite à la chute de la monarchie. Il en était complètement dépendant et sans elle il n’a pas pu sortir la tête de l’eau. On sait qu’il était hébergé chez des amis et j’imagine que pour toute cette troupe d’artistes libertins aux mœurs légères ça a du être assez compliqué de se relever suite à la révolution… En attendant, Jean-Honoré Fragonard reste littéralement la tête d’affiche du XVIIIeme siècle, il a littéralement marqué son temps et est aujourd’hui une figue majeure de cette époque souvent jugée comme frivole et libérée. Je vous laisse tout de même lire mon article consacré à cette époque qui n’était pas toute rose et qu’il faut tout de même contraster ! 

Que pensez-vous des œuvres de Fragonard ?


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2 commentaires sur « Jean-Honoré Fragonard, le peintre de tous les plaisirs »

  1. Le plaisir peut prendre de nombreuses formes et je trouve que tout le monde recherche trop souvent la même chose, le sexe par exemple. ^^
    Je suis asexuel, donc c’est normal que je dise ça. Mais je pense tout de même qu’il y aurait beaucoup moins de malheur sur Terre si les sentiments amoureux avaient une importance bien plus grande. Qu’est-ce qui peut donner plus de plaisir que d’enlacer tendrement la personne que l’on aime ? 🙂

    Aimé par 1 personne

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