Irina Ionesco, photographe saluée et controversée

«J’aimerais qu’on se souvienne que ma mère était aussi une grande photographe, qu’elle a toujours travaillé de manière inventive et artisanale, qu’elle a principalement photographié des modèles féminins, des femmes qu’elle croisait dans la rue et qui n’était pas des modèles. Souvent, ces femmes ne s’aimaient pas, étaient mal dans leur peau, et elles étaient heureuses d’être regardées et transfigurées par ma mère.». Ces mots prononcés par Eva Ionesco, fille unique de la célèbre photographe Irina Ionesco, résonnent aujourd’hui de manière assez particulière.

Entre Irina et sa fille, la vie n’aura jamais été un long fleuve tranquille. Elles ne se parlaient plus depuis des années. Décédée ce 25 juillet à l’âge de 92 ans, la photographe aura mené une vie à mille à l’heure, vécu plusieurs vies en une seule et surtout, soulevé de nombreuses controverses dans lesquelles Eva se retrouva bien malgré elle. Qui était donc Irina Ionesco ?

Avant de continuer, n’hésitez pas à me suivre sur Instagram (UneBreveHistoiredArt), YoutubeFacebook, à vous abonner à mon site et à liker l’article à la fin de votre lecture s’il vous a intéressé.

Irina Ionesco naît le 3 septembre 1930 à Paris au sein d’une famille roumaine venue à la capitale française pour travailler. Son histoire familiale est plus que compliquée puisqu’elle est le fruit d’un inceste, ou comme elle l’appelle elle-même, un « faux inceste ». A l’origine, son père était le deuxième mari de sa grand-mère. Cette dernière avait déjà une fille issue d’un premier mariage. A seulement 16 ans, cette dernière tombe enceinte de son beau-père et vient donc au monde Irina. Sa mère est alors aussi sa soeur. L’ambiance à la maison devient si invivable au sein de ce ménage à trois plus que problématique que la grand-mère d’Irina décide de repartir en Roumanie et de laisser sa fille avec son mari.

Irina sera très vite envoyée en Roumanie pour être élevée par sa grand-mère. Là-bas, elle vivra au milieu d’artistes de cirque. Fuyant l’occupation russe, elle reviendra à Paris en 1946 et travaillera comme danseuse aux serpents et contorsionniste dans une troupe. Elle fera d’ailleurs de nombreuses tournées à travers l’Europe et le Moyen-Orient jusqu’à ce qu’elle ait un accident lors d’un numéro à Damas. Son corps devenu beaucoup trop fragile l’oblige à arrêter les spectacles. Elle se met donc à peindre et à dessiner. 

Elle décide ensuite d’aller étudier l’art et c’est peu après qu’elle rencontrera son amant, l’artiste Corneille, tête de proue du mouvement Cobra. C’est lui qui lui offrira son premier appareil photo. 

A partir de 1970, Irina Ionesco commence à exposer ses photos. Son univers et son style sont très facilement reconnaissables. Des photos en noir et blanc très contrastées, des femmes dénudées parées d’accessoires fetish, des bas coutures, des fleurs, des plumes, de la résille, des tissus, des miroirs… Irina transforme très souvent son petit appartement en studio photo et crée elle-même ses décors. Son studio devient un théâtre dans lequel ses modèles posent de manière lascive. Ce sont d’ailleurs souvent des femmes qu’elle rencontre un peu par hasard, des femmes aux vies compliquées, un peu tristes, qui ne s’aiment pas vraiment. Irina les sublime et les transforme en idôles. Dans cet univers baroque et fantasmagorique, on retrouve aussi quelque chose d’à la fois mystique et de très sacré.

Irina Ionesco
Irina Ionesco

Irina Ionesco devient très vite une icône gothique et son univers sombre, un peu morbide, attire énormément de curieux. Ses odalisques lascives et passives se retrouvent alors exposées dans le monde entier. Les magazines aussi se l’arrachent puisqu’elle ira jusqu’à publier dans des revues érotiques telles que Playboy et Penthouse.  La photographe profite donc de tout ce succès et d’une belle renommée. Son nom est connu et reconnu dans le monde de l’art et c’est tout ce dont elle souhaitait. Elle aura d’ailleurs tout mis en œuvre pour y arriver jusqu’à très souvent dépasser les limites…

Et c’est donc ici que la controverse commence. Entant que photographe, Irina Ionesco considèrera sa fille Eva comme sa muse ultime. Eva naît en 1965 et devient très vite l’objet de sa mère. A l’âge de seulement 4 ans celle-ci commence à poser devant l’objectif. Ce qui n’était au début qu’un jeu devient très problématique. Eva pose nue, en talons aiguilles, en porte-jarretelles, hyper maquillée au milieu de couronnes de fleurs et de crânes. Parfois elle pose même nue entourée d’autres femmes adultes. Sa mère la fera même tourner dans deux films érotiques. Jusqu’à ses 12 ans, Eva sera l’objet de sa mère jusqu’à ce que les services sociaux entrent en jeu. 

A cette époque, dans les années 70 et 80, la mode était à la Lolita. Ce terme provenant du roman de Vladimir Nobokov publié en 1955 met en lumière le malaise de tout une époque où il était presque normal d’être attiré par des pré-adolescentes, des « nymphettes ». Cette époque est aujourd’hui considérée comme l’âge d’or de l’apologie de la pédophilie. Eva en a littéralement fait les frais. Irina Ionesco a vendu de nombreuses photos de sa fille dénudée.

Clairement, Irina Ionesco ne connaissait pas ses limites. Souvent fauchée, elle était prête à tout pour renflouer les caisses. Et le pire, c’est que je suis sure qu’elle ne voyait même pas le mal dans tout cela.

My little princess, Eva Ionesco

Des années plus tard, Eva Ionesco décidera de raconter son histoire à travers un film My Little Princess et deux livres Innocence et Les enfants de la nuit. On y voit l’impact que tout cela a eu sur elle et surtout, le déni complet dans lequel se trouvait Irina. Les deux femmes se sont perdues de vu assez vite étant donné qu’à 12 ans, Eva se retrouvera à la DASS. La fille intentera même un procès à sa mère pour que les publications de ces photos soient interdites à la vente et à la publication. 

L’œuvre d’Irina Ionesco peut se diviser en deux parties. La première, allant des années 1970 aux années 2000, fut consacrée aux odalisques, à cet univers sombre et mystique. Quant à la seconde, on la situerait entre 2000 et 2012. A partir de là, Irina Ionesco est énormément sollicitée par le monde de la mode et travaille pour de grandes maisons comme Chanel ou Dior. Elle publiera également dans tous les gros magazines de mode.


Irina Ionesco est une artiste photographe plus que sulfureuse. Son univers et son style sont reconnus de tous. Mais son nom est aussi marqué par le scandale et la controverse. Si désireuse de réussir, elle était prête à tout et même à sacrifier son propre enfant. Mais comme je le disais, elle était dans le déni complet. Elle ne voyait pas le mal dans le fait d’hypersexualiser sa fille. Elle-même étant le fruit d’un inceste, on peut se demander si elle n’a tout simplement pas répété ce qu’elle a connu toute sa vie ? 

Que pensez-vous de l’œuvre d’Irina Ionesco ?


N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire, à liker l’article, à vous abonner au site et à me suivre sur Instagram pour ne rien rater de mes aventures !


Rejoignez-moi sur InstagramYoutube et Facebook ❤

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s